septembre 25, 2013
Conséquences du projet « Grand Paris »

Conséquences du « plan campus » et du projet de loi « Grand Paris » : effet domino ?

 

Voici résumés les principaux risques et conséquences de chaque projet, « plan campus » et projet de loi « Grand Paris », ce dernier ayant pour but de mettre en place un projet de transport pour l’Ile de France ainsi que les outils administratifs et de gouvernance nécessaires à la mise en œuvre du « plan campus ». Leurs effets négatifs se renforcent mutuellement rendant possible un « effet domino » destructeur, car ils modifient l’équilibre fragile entre espaces cultivés, naturels et zones urbanisées du plateau et des deux vallées, Bièvre et Yvette.

Les conséquences du déplacement de la faculté d’Orsay et la création du campus sur le plateau

1. Un déplacement non justifié économiquement : le chiffre avancé pour cette création sur le plateau est de 1.3 milliards d’euros, sans les infrastructures (assainissement, routes et autres dessertes, bassin de retenue pour éviter des inondations dans la vallée…), la rénovation étant estimée, elle, à 800 millions d’euros ; soit 500 millions au minimum dépensés inutilement
2. L’éloignement des étudiants et chercheurs du centre d’Orsay et de nouveaux problèmes de transport : comment aller de la vallée au plateau ?
3. Ce déplacement sur le plateau amène à prévoir 12.OOO places d’hébergement supplémentaires sur le plateau, donc un début d’urbanisation auquel s’ajouteront le centre de congrès international (à la place des champs de la Martinière) et l’installation de nouvelles entreprises ;
4. La première tranche d’urbanisation doit avoir lieu sur la Zone d’Aménagement Différé (ZAD) créée par l’Etat en août 2009 sur le triangle Palaiseau-St Aubin-Christ de Saclay, environ 700 hectares dont une majorité est encore cultivée ;
5. L’imperméabilisation massive des sols par les constructions, les parkings et routes créera un ruissellement supérieur à la capacité des bassins de rétention dans les vallées de la Bièvre et de l’Yvette, amenant de nouveaux risques d’inondations ;
6. L’arrêt d’exploitation de la ferme de la Martinière fragilisera les autres fermes du plateau qui partageaient avec elle leurs engins agricoles, en augmentant leurs charges fixes.
7. La fermeture de l’entreprise de compost située à la Martinière, qui retraite des déchets végétaux des zones urbanisées environnantes, fournissant un engrais naturel au profit des agriculteurs du plateau risque d’obliger les agriculteurs du plateau à revenir aux engrais chimiques ;

Auxquelles s’ajouteront les conséquences du projet de loi « Grand Paris »

8. Une urbanisation prévue dans le cadre de l’Etablissement Public Paris-Saclay qui s’étend sur 49 communes afin de rentabiliser les projets de métro automatique prévu de Massy à Versailles, à travers le plateau de Saclay ;
9. L’absence d’amélioration immédiate des transports existants attendue par les habitants : RER C, maillages sur des axes nord-sud Les Ulis/ Vélizy et Chevreuse /Versailles ;
10. D’où la dégradation de la circulation routière aggravant la saturation actuelle sur les axes RN 118, CD 36, RN 446, A 86…
11. Cette dégradation viendra à nouveau détériorer l’équilibre économique des exploitations agricoles : contraintes pour les déplacements des machines d’une parcelle à l’autre, problème pour l’évacuation des grains : une moissonneuse récolte chaque jour 320 tonnes de blé. Il faut 13 camions pour en évacuer le contenu par jour, or les embouteillages actuels empêchent déjà le transporteur de dépasser 4 rotations par jour.
12. De plus, la préservation de 2300 hectares de surface agricole utile n’est pas assurée, le projet de loi restant imprécis sur le nombre exact d’hectares et définissant une localisation sur 27 communes et non sur les 14 communes du plateau de Saclay ;
13. Si la surface agricole utile continue d’être réduite sur le plateau, le silo collectif qui permet le stockage temporaire des moissons ne sera plus rentable et risque de disparaître, aggravant encore les charges des exploitations agricoles qui devront trouver d’autres solutions.
14. L’ensemble de ce projet menace la biodiversité sur le plateau de Saclay : réduction de la faune, du chevreuil au batracien, et de la flore. La réserve ornithologique de l’étang vieux du plateau de Saclay, étape importante dans les migrations des oiseaux sera précarisée ;
15. Le réseau historique des rigoles qui draine le plateau sera nécessairement endommagé par l’urbanisation et les infrastructures de transport ;
16. Enfin le développement d’une activité économique à vocation internationale s’accompagnera de l’accroissement du trafic d’aviation d’affaires sur l’aérodrome de Toussus venant s’ajouter au report prévu de l’aviation d’affaires depuis Roissy vers Toussus. Cette augmentation s’ajoutera aux nuisances sonores existantes, déjà élevées en raison de l’accroissement important du trafic d’hélicoptères ces dernières années.

Une loi exceptionnelle qui crée un précédent dangereux : un retour vers la centralisation et l’absence de dialogue

17. Les habitants sont privés d’un débat démocratique, la commission nationale du débat public ne prévoyant par leur participation directe et la durée des débats n’étant que de 4 mois, ce qui ne respecte pas la législation européenne ;
18. L’étude d’impact environnemental global n’est pas prévue et est ramenée à des études partielles, sans laisser la possibilité d’étudier des alternatives sérieuses ;
19. Les élus locaux sont privés de leurs compétences en matière d’urbanisation et d’aménagement du territoire : préemption par l’Etat qui veut créer des « zones de profit » (sic) autour des gares du métro automatique ;
20. Les élus régionaux sont privés d’une partie de leurs compétences en matière de transport, dans le cadre du projet de loi « Grand Paris » ; les petites communes quant à elles seront faiblement représentées dans l’Etablissement Public Paris-Saclay, au bénéfice des grandes communes Massy, Palaiseau, Versailles, St Quentin qui les entourent.